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QUAND L’INCIVISME PLOMBE LE DÉVELOPPEMENT ET LA CROISSANCE


On peut se demander au premier abord si l’économiste a quelque compétence pour étudier les rapports entre civisme et développement. Dans la pensée économique néo-classique dominante, le développement est réduit à des conceptions de techniques strictement économiques et ne met en jeu que des variables de même genre assimilé à la notion de croissance signifiant l’accroissement pendant une période soutenue d’une grandeur de dimension nationale : le produit national brut ou le revenu national. Cet accroissement sera rendu possible et efficace grâce à l’élaboration de politiques macroéconomiques pertinentes fondées sur les postulats de l’économie pure et des comportements de l’homoéconomicus qui est une créature se présentant de façon isolée sur le marché, dépourvue de passé historique, d’opinion politique et de relations sociales en dehors des simples échanges marchands et qui agit selon les principes de la rationalité pure et maximise sa satisfaction sous contrainte. Dans cette optique, les relations hors marché et les institutions n’entrant pas dans le cadre du marché ne sont supposées n’avoir aucune répercussion significative sur les activités de développement économique et social. En conséquence, les économies ont une nature statique et dépourvue de passé, le changement et les évolutions marquantes ne résultent que des seules variables économiques et technologiques. Ainsi, débarrassées des relations sociales et de leur dynamisme historique, les économies sont réduites à de simples appareils techniques servant à l’allocation des ressources rares. Cela permet aux théoriciens de s’installer dans un monde des harmonies universelles et des modèles formels en faisant impasse sur les relations déterminantes entre les structures économiques et les structures d’encadrement que sont les structures mentales, sociales, politiques.


Cohérences institutionnelles et réhabilitation de l’Etat, de la planification et du partenariat


Il a échappé à notre presse comme aux observateurs avisés de la vie économique et politique du pays, les nouveaux dispositifs de management public décidé par le Chef de l’Etat et décliné par son Directeur de cabinet lors du dernier remaniement ministériel. Sans doute, le débat sur l’efficience des institutions de gouvernance est loin d’être clos. Mais des avancées consistantes sont opérées en direction de la reconstruction et du réarmement d’un Etat malmené durant des décennies par les pratiques d’un jacobinisme politique caractérisé par le fameux slogan « moins d’Etat et mieux d’Etat ». Au-delà des fantasmes, les théories et pratiques néolibérales étriquées n’ont jamais montré que la gestion publique de certains secteurs de production est obligatoirement plus mauvaise que la gestion privée ni même que la planification est à la fois non nécessaire et illusoire. Au demeurant, la mise en œuvre de politiques sectorielles pertinentes avec une allocation optimale des ressources en faveur des activités productives, la promotion d’un secteur privé dynamique par création d’un environnement assaini des affaires, la mobilisation de la communauté internationale dans le cadre d’un nouveau partenariat, sont des objectifs majeurs qui appellent impérativement la construction d’un Etat fort, réactif et efficient pour réaliser le bien-être et la qualité de vie de toutes les couches sociales. Lire la suite


Entre déceptions et impatience : une analyse critique de la situation du pays.

Depuis plus d’un an la scène politique sénégalaise n’arrive pas à sortir de la campagne présidentielle à cause de plusieurs éléments à la fois polluants et obstruant l’horizon : un parti au pouvoir qui se déchire au lieu de préparer son leadership sur l’échiquier politique, une opposition d’invectives à la fois nostalgique et empêtrée dans des procès de prédation financière de ses dirigeants, des alliés de la majorité présidentielle engagés dans d’âpres disputes de positionnement ou d’accaparement de sinécures et enfin un gouvernement qui communique si mal sur son agenda et ses réalisations comme s’il pouvait faire durablement des choses que son opinion publique ne comprend pas simplement parce qu’on ne lui explique pas. Cet ensemble de problèmes se déroule sur fond d’urgences sociales relatives aux conditions de vie et de travail, à la triptyque infernale chômage(particulièrement des jeunes), précarité et pauvreté et aux défis de taille pour les résoudre concernant premièrement, les politiques sectorielles (industrie, agriculture, services, TIC et l’économie numérique), deuxièmement, le cadrage macroéconomique et macro financier pertinent pour réaliser le Yonou Yokoute, troisièmement, les aspects de financement et quatrièmement, l’implication du secteur privé et la mobilisation des autres acteurs du champ social.


Au boulot citoyens, pour une croissance soutenable et durable.


L’intermède politique a été longue, trop longue : plus d’une année de palabres et de multiples tensions sociales dont la facture financière sociale risque d’être très salée. Sans doute, diront certains, la démocratie a un coût, qu’il faut le solder au plus vite en relançant l’économie nationale. Les programmes de gouvernement ainsi que les promesses électorales de la Coalition victorieuse indiquent à suffisance les visions stratégiques. Depuis 2008, la machine économique est en hibernation malgré quelques projets phares dont les effets d’entrainement sont restés limités. La panne interviendra à partir de 2010 avec la détérioration des indicateurs économiques (ralentissement de la croissance, montée des déficits macroéconomiques et de l’inflation) et celle des indicateurs sociaux (faible niveau de l’Indice du Développement Humain, accroissement du couple pauvreté/chômage, dégradation du pouvoir d’achat, crise du système éducatif et de formation). La campagne présidentielle est intervenue dans ce contexte. Les discours économiques ont oscillé entre d’une part, un technocratisme de pacotille consistant à proposer un rythme de croissance accélérée sans spécifier ni les facteurs, ni les mécanismes, ni même les moyens financiers et d’autre part, un vaste catalogue d’éléments constitutifs d’un bonheur national dans lequel on trouve pêle-mêle le plein emploi, la santé et l’éducation pour tous, l’amélioration du niveau de vie etc. Chacun pensait que les vertus de la croissance pouvaient offrir une chance inespérée de gagner en crédibilité technique et de décider l’électorat. Lorsque les clameurs électorales se sont tues, le retour à la vie quotidienne du pays se charge progressivement d’effacer le trop plein de promesses et des espérances qui ne se réaliseront pas de sitôt. Tout n’étant pas possible tout de suite, il convient d’analyser les éléments des projets et programmes qui peuvent mettre le Sénégal en marche vers la croissance en vue de l’emploi et du pouvoir d’achat.


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